L’Atelier des créateurs, basé à Porto, est le fruit de la vision du tailleur portugais José Gonzalez, directeur de la maison Torcello. Cette maison, établie en France depuis 30 ans, dispose de 4 boutiques, dont un atelier-boutique. Outre la grande mesure, Torcello propose également à ses clients de la demi-mesure industrielle.
Voici quelques lignes, tirées du site web de Torcello, qui retracent l’historique de cette maison :
Le nom de « Torcello » provient d’une île de la lagune vénitienne où la marque possède ses racines et qui abrite, depuis des siècles, une précieuse tradition de broderie et de couture. C’est au couvent de Santa Maria Assunta, au coté des sœurs aux doigts de fées, que le jeune José Gonzalez découvrait sa vocation. Dans les années 70, après avoir reçu le titre de « maître tailleur », il ouvrait un atelier de « tailleur sur-mesure » dans le Paris des artisans, sur les hauteurs du XXeme arrondissement.
Torcello a longtemps fait fabriquer ses costumes en France. Les tailleurs en demi-mesure recourent d’ailleurs tous aux mêmes industriels pour assurer la fabrication des costumes aux mesures de leurs clients : il s’agit de sociétés françaises, italiennes et allemandes.
José Gonzalez recourt ensuite à l’atelier historique Machado à Porto qui n’existe plus à ce jour. L’atelier Machado est, selon Michaël Ohnona, l’équivalent au Portugal de Korn (firme aujourd’hui disparue, et qui fera l’objet d’un prochain article) en France : une maison centenaire, familiale, fondée au début du siècle, spécialisée dans le vêtement pour homme en série et en mesure industrielle.
La plupart des salariés de Machado, dont une bonne part ont été repris par José Gonzalez, sont des cadres et techniciens bénéficiant d’une solide expérience, gage de la production de vêtements de qualité. Les ouvrières ont toute une formation de couturière, à la différence de la situation des usines françaises des années 70 et 80, où leurs homologues n’avaient aucune formation de couture.
Les anciens de Machado ont été installés par José Gonzalez dans un ancien théâtre – un lieu sublime. Les loges et les balcons ont été conservés : il s’agit d’un immeuble de 5 étages avec un puits de lumière central. José Gonzalez a amélioré leur formation de ses salariés portugais, et a amélioré l’outil technologique en développant la CAO. Il a fait de l’Atelier des créateurs un lieu dédié à la fabrication de vêtements pour homme, non seulement pour Torcello, mais aussi pour tous les créateurs, stylistes et tailleurs qui veulent avoir à disposition un outil de production extrêmement réactif.
Pour l’heure, l’Atelier des créateurs propose :
- une fabrication semi-traditionnelle (avec une toile sur le revers) ;
- une fabrication traditionnelle (une toile sur le revers, et sur l’ensemble du devant) ;
- et proposera à l’avenir une fabrication traditionnelle artisanale qui se rapproche de la grande mesure pratiquée à Paris.
Selon Michaël Ohnona, la force de cet atelier est multiple :
- il est dirigé par un tailleur, et est à ce titre capable de comprendre les demandes de ses clients potentiels ;
- il s’agit non seulement d’un outil de production, mais aussi de création. En effet, un bureau d’études est à la disposition des stylistes qui veulent faire fabriquer des petites séries, ou des sociétés plus importantes qui souhaitent sous-traiter une partie de leur production.
- enfin, il est particulièrement adapté aux souhaits des tailleurs comme lui-même, qui souhaitent pouvoir faire fabriquer leurs vêtements avec leur propre patronage.
La plupart du temps, les tailleurs recourant à un fournisseur de mesure industrielle doivent utiliser le patronage mis à disposition par l’usine, ainsi que le système d’altérations afférent.
« Si on entre chez un tailleur ou dans une chaîne de boutiques proposant de la mesure industrielle, souligne Michaël Ohnona, et qu’on demande un revers de 3 centimètres, ou un rabat de 9 centimètres, dans 99 % des cas, on se heurte à un refus. C’est bien simple : le fabricant ne peut pas. Ses rabats et ses cols ont une dimension prédéterminée. L’intérêt stylistique de changer des éléments du modèle est faible, et la majorité des clients y sont indifférents, mais j’ai affaire à une nouvelle clientèle, qui est de plus en plus créative. »
Lorsqu’un client demande à Michaël Ohnona un rabat de 9 centimètres, il reçoit la pièce sans rabat de l’usine, et effectue la finition souhaitée (c’est ce qu’il appelle la petite mesure). Ce travail complémentaire est inclus dans son prix de vente, qui est, de ce fait, supérieur à d’autres. Etant tailleur, il est compétent pour procéder à cette retouche.
Pour lui, la nouvelle offre de l’Atelier des créateurs arrive à point nommé. S’il souhaite faire faire un costume comportant des différences majeures avec le patron de base, il lui suffira d’envoyer une demande de modification de patronage au bureau d’études de l’Atelier des créateurs, où un opérateur effectue les modifications en quelques minutes, avant de lancer la production.
Michaël Ohnona se réjouit de pouvoir satisfaire ses clients en continuant à accepter des commandes hors du commun. Grâce à l’Atelier des créateurs, un cran de revers IIIe République, ou un habit Empire, pourront être fabriqués par l’équipe de José Gonzalez en conservant la rapidité et les avantages de la fabrication industrielle.





